Artiste-auteur ou micro-entrepreneur : quel statut choisir ?

Vous hésitez entre le statut d’artiste-auteur et d’auto-entrepreneur ? Vous vous demandez peut-être si vous pouvez cumuler les deux ?

Don’t worry ! Aujourd’hui nous allons étudier en détails les deux statuts en relevant leurs avantages et leurs inconvénients.

L’apparition du statut d’auto-entrepreneur en 2009 a suscité de nombreuses interrogations. Était-ce vraiment quelque chose de profitable pour celles et ceux qui veulent entreprendre ? 

Cette question a notamment fait son chemin auprès des artistes-auteurs affiliés à la MDA et l’AGESSA. Pourquoi ? A y regarder de plus près le statut d’auto-entrepreneur leur offrait beaucoup plus de possibilités de facturation.

C’est vrai ! Un artiste a besoin d’un champ d’action plus large que celui de la vente d’œuvres originales et de droits d’auteur. Et le statut d’auto-entrepreneur permettait de vendre des reproductions, des produits dérivés, d’animer des ateliers, de former des personnes, etc.

J’avoue avoir décidé d’adopter ce statut en constatant mes faibles ventes d’œuvres. Ce qui supposait un cumule de statuts. A l’époque, je voulais me relancer en créant des produits dérivés (des cartes de vœux entre autres). Les gens ont adoré mes cartes, j’en ai vendu beaucoup. Malgré tout, j’ai vite compris que ce serait une entreprise à perte surtout avec le kraken, le RSI ! J’ai donc laissé tomber.

Il faudra donc réfléchir à ce choix au regard de votre situation et de vos objectifs.


(Aujourd'hui, on n'utilise plus le terme d'auto-entrepreneur mais de micro-entrepreneur.)


Qu’est-ce qu’un artiste-auteur ?

Un artiste-auteur est un professionnel qui exerce à titre indépendant une activité de création :

– d’œuvres graphiques et plastiques

– ou d’œuvres littéraires, dramatiques, musicales, chorégraphiques, audiovisuelles, cinématographiques, photographiques et de logiciels.

(Artiste plasticien, écrivain, dramaturge, auteur-compositeur, chorégraphe, scénariste, réalisateur, photographe, développeur de logiciels.)

  • les rencontres publiques et débats en lien direct avec l’œuvre de l’artiste
  • les cours donnés dans l’atelier ou le studio de l’artiste-auteur 
  • les ateliers artistiques ou d’écriture : limité à 3 ateliers par an* (5 séances d’une journée maximum = 1 atelier)
  • les ateliers artistiques auprès d’établissements publics ou privés ou organisés par des associations, sous réserve que la réalisation de l’atelier ne puisse être faite que par un artiste, dans la limite de 5 ateliers par an (1 atelier = 5 séances d’une journée maximum)
  • la participation ponctuelle, dans la limite de 4 par an, à la conception ou mise en forme de l’œuvre d’un autre plasticien (à l’exclusion de l’activité d’assistanat relevant du salariat)
  • l’accrochage et la mise en espace ponctuels d’œuvres plastiques d’un autre plasticien, dans la limite de 4 par an.


Bien que les activités accessoires élargissent les possibilités de l’artiste-auteur, elles restent néanmoins très limitées.


Micro-entrepreneur

Un micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel bénéficiant d'un régime social et fiscal simplifié qui exerce une activité commerciale,
artisanale ou libérale indépendante.

(Commerçant, coiffeur, consultant indépendant.)


Les différentes sources de revenus

Les recettes d’un artiste-auteur sont constituées de revenus artistiques principaux et de revenus artistiques accessoires.


Le micro-entrepreneur ne peut pas vendre d’œuvres originales ou percevoir de droits d’auteur dans le cadre de sa micro-entreprise. En revanche, son champ de facturation est très large. Il peut vendre des reproductions et produits dérivés de manière illimitée, donner des cours, faire de la formation ou du conseil, faire de l’exécution pure, etc. Sous ce statut, les activités dites « accessoires » peuvent être réalisées sans limite annuelle.


Le chiffre d’affaires

L’artiste-auteur n’est soumis à aucun plafond de chiffre d’affaires.


Le micro-entrepreneur exerçant une activité libérale ou artisanale est limité à 83 600 € HT de chiffre d’affaires par an. Pour une activité commerciale, le plafond est fixé à 203 100 € HT.

Le régime sociale

Les artistes-auteurs sont affiliés au régime général. Leur couverture sociale est similaire à celle des salariés. Les cotisations sociales de l’artiste-auteur représentent
16,20% de leur bénéfice majoré de 15%. Le montant des cotisations sociales étant proportionnel au bénéfice, il n’en paye pas en l’absence de recettes.


​Le micro-entrepreneur relève également du régime général de la Sécurité sociale. Il bénéficie notamment des prestations suivantes :

• Assurance maladie/maternité
• Allocations familiales
• Assurance invalidité-décès
• Assurance retraite de base et assurance retraite complémentaire

​Les cotisations sociales du micro-entrepreneur représentent 25,6 % de son chiffre d’affaires pour une activité libérale, 21,2 % pour une activité artisanale et 12,3 % pour une activité commerciale.
Tout comme chez l’artiste-auteur, le montant des cotisations sociales est proportionnel au chiffre d’affaires. Il ne paie rien en l’absence de CA.


​Le régime fiscal

Un artiste-auteur relève du régime fiscal des BNC (bénéfices non commerciaux) ou, pour certains revenus de droits d’auteur, des traitements et salaires (TS).

En BNC, son revenu imposable est calculé à partir de ses recettes, après déduction de ses frais professionnels.

Bénéfice = chiffre d’affaires– frais professionnels(forfaitaire ou réels)


 Un micro-entrepreneur relève du régime fiscal des BNC
ou des BIC. Il est également imposé sur la base de son bénéfice.

Bénéfice en libéral = (chiffre d’affaires) – (abattement forfaitaire de 34%)

Bénéfice en artisanal = (chiffre d’affaires) – (abattement forfaitaire de 50%)

Bénéfice en commercial = (chiffre d’affaires) – (abattement forfaitaire
de 71%)


​La TVA

L’artiste-auteur bénéficie de la franchise en base de TVA lorsque ses recettes provenant de vente d'œuvres et de cessions de ses droits d’auteur sont inférieures à 50 000 € HT.

Pour les autres activités artistiques, notamment certaines activités accessoires, le seuil de franchise est fixé à 35 000 € HT.


Découvrir le Guide des artistes-auteurs
​

Toutes les informations pour mieux gérer votre activité

Le micro-entrepreneur est exonéré de la TVA tant que son CA ne dépasse pas 37 500 € HT (artisanal ou le libéral) ou 85 000€ HT (commercial).


​La comptabilité

Un artiste en micro-BNC doit tenir un livre-journal des recettes (recommandé)

Un artiste en déclaration contrôlée doit tenir un livre journal des recettes et
des dépenses professionnelles
+ un registre des immobilisations et des amortissements et conserver toutes les pièces justificatives.

Un artiste en traitements et salaires n’a pas de comptabilité particulière à tenir. Il est toutefois conseillé de conserver les relevés de droits que lui adressent les éditeurs, sociétés de perception et producteurs.


La comptabilité de votre auto-entreprise est réduite à la tenue d’un registre recettes / dépenses. Et, lorsqu’il exerce une activité de vente de marchandises, un registre des achats.
Il doit également conserver ses factures et pièces justificatives

Vous êtes exonéré de TVA (jusqu'à un certain seuil suivant l'activité). 


La Cotisation Foncière des Entreprises

L’artiste auteur est généralement exonérée de CFE lorsqu’elle remplit les conditions prévues par l’article 1460-2°, 2° bis et 3° du Code Général des Impôts)


Le micro-entrepreneur est soumis aux CFE. avec notamment une exonération l’année de création de l’entreprise et lorsque son chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 5 000 €.


La formation professionnelle

Les artistes-auteurs peuvent bénéficier d’un financement de leurs formations professionnelles par l’Afdas.


Les micro-entrepreneurs peuvent également bénéficier du financement de leurs formations.. L’organisme en charge du financement dépend de la nature de leur activité.

Avantages professionnels
 
Les artistes-auteurs professionnels peuvent bénéficier de la gratuité d’entrée dans certains musées nationaux, sur présentation d’un justificatif professionnel.



Quelle démarche effectuer pour adopter un statut ?

Artiste-auteur : il suffit de remplir une déclaration de début d’activité sur le site Guichet unique des formalités des entreprises (https://www.artfordplus.com/declarer-son-activite-drsquoartiste-auteur-sur-guichet-unique-inpi).

Le délai de réception du n° SIRET et du code APE peut être long.

Note : il est possible d’interrompre l’activité à tout moment en effectuant une déclaration de cessation d’activité sur cfe-urssaf.fr.


Micro-entrepreneur : l'inscription se fait également en ligne sur Guichet unique des formalités des entreprises.
Note :Il est possible d’interrompre son activité à tout moment en déclarant la cessation de sa micro-entreprise sur le Guichet unique des formalités des entreprises.

Le cumul des deux statuts ?

 Il est légalement possible d’adopter les deux statuts. En temps normal, on préconise de faire ce qu’on appelle une « adjonction d’activité », c’est à dire l’ajout d’une activité secondaire à votre activité principale auprès du Guichet unique des formalités des entreprises. Mais de nombreux artistes qui s’y sont essayés ont vu leur démarche échouée (retours d’expériences). En effet les administrations ont du mal à appréhender ce « montage » et la démarche à suivre diffère selon les agents censés vous aiguiller. Le mieux à l’heure actuelle est de déclarer séparément chacune des activités.

Vous devez cependant bien distinguer les revenus provenant de chacune de vos activités et respecter les obligations fiscales et sociales propres à chaque régime. Cela implique donc d’assurer une double gestion. Les chiffres d’affaires des deux activités quant à eux ne sont pas cumulés. Vous devez respecter les plafonds de vos différentes activités


Attention :
Si votre activité de micro-entrepreneur relève des BNC, tout comme votre activité d’artiste-auteur, les recettes cumulées des deux activités ne pourront pas excéder 83 600 € pour rester au régime fiscal de la micro-entreprise.

Pourquoi ? Parce que l’administration fiscale prend en compte l’ensemble de vos recettes relevant des BNC.

Cela signifie que si vos recettes cumulées dépassent ce seuil pendant deux années consécutives, vous perdez le bénéfice du régime fiscal de la micro-entreprise, mais vous conservez votre statut d’artiste-auteur.

Cette problématique limitante ne se pose pas si votre micro-entreprise relève du régime fiscal des BIC.

Pour les artistes-auteurs qui souhaitent réaliser des reproductions de leurs créations sur différents supports. Depuis 2021, il  possible de le faire sous votre statut actuel d'artiste-auteur. Il est inutile de faire un cumul avec le statut de micro-entrepreneur (https://www.artfordplus.com/connaissez-vous-lircec-la-caisse-de-retraite-complementaire-des-artistes-auteurs)

Il serait difficile de me prononcer quant au choix qui serait le plus judicieux, il existe bien trop de situations différentes. C'est sera à vous d'analyser les informations livrées ici, en pensant le pour et le contre au regard de votre situation personnelle et de vos objectifs.

Si jamais les choix opérés s'avèrent défavorables, il sera toujours possible de tout arrêter pour changer de statut.

C'est à vous maintenant 🙂

(Article actualisé le 16/09/2026)

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